Dernière mise à jour le 23 juillet 2026
De nombreux bénéficiaires du RSA hébergent un enfant majeur qui poursuit ses études, recherche un emploi ou débute sa vie professionnelle. Cette situation, très fréquente, soulève de nombreuses interrogations : faut-il le déclarer à la CAF ? Ses revenus peuvent-ils réduire le montant du RSA ? Une erreur de déclaration peut-elle entraîner un remboursement ? Si vous êtes confronté à cette situation ou à un désaccord avec la CAF, il est souvent utile de faire analyser votre dossier avant que le litige ne s’aggrave. Le Cabinet Chavkhalov & Milcent Avocats vous accompagne dans l’analyse de votre situation et la défense de vos droits face à la CAF.
La présence d’un enfant majeur n’entraîne pas automatiquement une baisse du RSA
Contrairement à une idée répandue, le seul fait qu’un enfant atteigne l’âge de 18 ans ne signifie pas qu’il cesse immédiatement d’être pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active.
La majorité civile et la notion de personne à charge au sens du RSA ne se confondent pas. Pour cette prestation, un enfant ou une autre personne âgée de moins de 25 ans peut continuer à être considéré comme étant à la charge du bénéficiaire lorsqu’il vit au foyer et que celui-ci en assume la charge effective et permanente.
L’article R. 262-3 du Code de l’action sociale et des familles considère notamment comme étant à charge les enfants ouvrant droit aux prestations familiales ainsi que les autres enfants et personnes de moins de 25 ans dont le bénéficiaire assume effectivement et durablement la charge.
Un enfant majeur peut donc demeurer dans le foyer RSA lorsqu’il poursuit ses études, recherche un emploi, suit une formation, accomplit un apprentissage ou dispose seulement de revenus modestes.
En revanche, sa situation personnelle et ses ressources doivent être examinées. Un enfant majeur qui acquiert une réelle autonomie financière peut cesser d’être considéré comme étant à charge, même s’il continue matériellement à résider chez ses parents.
Jusqu’à quel âge un enfant peut-il rester à charge pour le RSA ?
Pour le calcul du RSA, une personne âgée de moins de 25 ans peut, sous certaines conditions, être intégrée dans le foyer de ses parents.
Le passage à la majorité ne produit donc pas automatiquement une modification des droits. L’enfant âgé de 18, 19, 20 ou 23 ans peut encore être pris en compte si ses parents continuent d’assumer sa charge effective et permanente et si ses ressources restent inférieures au seuil prévu par la réglementation.
À compter de son vingt-cinquième anniversaire, il ne peut plus être intégré comme enfant ou personne à charge selon ce régime. Sa présence au domicile de ses parents peut alors relever d’un simple hébergement, sans qu’il soit pour autant intégré dans leur foyer RSA.
La notion de foyer RSA ne se confond donc ni avec le foyer fiscal ni avec l’ensemble des personnes qui occupent matériellement le même logement.
Un enfant majeur peut être rattaché au foyer fiscal de ses parents sans être à leur charge pour le RSA. Inversement, l’analyse de la CAF repose sur la situation réelle du foyer et non exclusivement sur les déclarations fiscales.
Que signifie la charge effective et permanente de l’enfant ?
La charge effective et permanente ne dépend pas seulement de l’adresse déclarée par l’enfant.
Elle suppose que le parent assure concrètement et durablement tout ou partie importante de ses besoins : logement, nourriture, vêtements, frais de transport, études, santé ou dépenses de la vie courante.
La CAF peut donc examiner la réalité de la vie au domicile, la participation de l’enfant aux charges du foyer, ses ressources personnelles et son degré d’autonomie.
Le fait qu’un enfant majeur vive chez ses parents constitue un élément important, mais il ne suffit pas toujours à établir qu’il reste à leur charge. Un enfant qui exerce une activité stable, dispose de revenus suffisants et assume seul l’essentiel de ses dépenses peut être considéré comme autonome.
À l’inverse, un enfant étudiant sans revenus significatifs, hébergé et entretenu par ses parents, demeure normalement à leur charge même s’il a dépassé l’âge de 18 ans.
Le Conseil d’État rappelle que la notion d’enfant à charge doit être appréciée au regard de la charge effective et permanente assumée par le parent. Il l’a notamment précisé à propos d’un enfant en résidence alternée, dont la charge était effectivement assumée par chacun des parents (CE, 21 juillet 2017, n° 398911).
Les revenus de l’enfant majeur sont-ils pris en compte ?
Lorsqu’un enfant majeur est considéré comme étant à charge au sens du RSA, ses ressources font partie des ressources du foyer.
L’article R. 262-6 du Code de l’action sociale et des familles prévoit en effet que le calcul du RSA tient compte, sous réserve des exceptions prévues par les textes, de l’ensemble des ressources de toutes les personnes composant le foyer.
Les salaires, revenus d’apprentissage, indemnités de stage, allocations de chômage ou autres revenus perçus par l’enfant peuvent donc avoir une incidence sur le montant versé aux parents.
Il serait toutefois inexact d’affirmer que tout revenu perçu par l’enfant fait automatiquement diminuer le RSA du même montant.
Le calcul dépend de la nature des ressources, de leur montant, de la période de référence et des règles d’évaluation applicables. Certaines sommes sont intégralement prises en compte, tandis que d’autres peuvent relever d’un régime particulier ou être exclues.
La situation doit donc être examinée à partir des ressources effectivement déclarées et du détail du calcul établi par la CAF.
À partir de quel niveau de ressources l’enfant cesse-t-il d’être à charge ?
Une personne de moins de 25 ans ne peut pas continuer à être considérée comme étant à charge lorsque ses ressources atteignent ou dépassent la majoration du montant forfaitaire du RSA qu’elle procure au foyer.
Cette règle est prévue par l’article R. 262-3 du Code de l’action sociale et des familles.
Il existe ainsi un mécanisme particulier : lorsque les ressources de l’enfant restent inférieures au montant de la majoration qu’il apporte au foyer, il peut continuer à être pris en compte, mais ses ressources entrent dans le calcul.
Lorsqu’elles atteignent ou dépassent ce seuil, il cesse en principe d’être considéré comme étant à charge. Il ne majore alors plus le montant forfaitaire applicable aux parents.
Le seuil doit être apprécié selon la composition précise du foyer. Il ne correspond donc pas nécessairement à un montant unique valable pour toutes les familles.
Une erreur dans la détermination de cette majoration peut conduire la CAF à exclure trop tôt l’enfant du foyer ou, à l’inverse, à maintenir sa prise en compte alors que ses ressources dépassent le seuil réglementaire.
Le salaire de l’enfant fait-il toujours baisser le RSA des parents ?
Le salaire d’un enfant à charge entre en principe dans les ressources du foyer. Il peut donc réduire le montant du RSA versé.
Cependant, deux effets doivent être distingués.
Tant que l’enfant demeure à charge, sa présence augmente le montant forfaitaire applicable au foyer. Dans le même temps, ses revenus sont pris en considération.
Lorsque ses revenus deviennent suffisamment élevés pour qu’il ne soit plus considéré comme étant à charge, il cesse d’augmenter le montant forfaitaire du foyer. La CAF doit alors recalculer les droits en fonction de cette nouvelle composition.
La sortie de l’enfant du foyer RSA ne signifie donc pas nécessairement que son salaire sera simplement ajouté aux revenus des parents. Elle modifie à la fois la composition du foyer et le montant forfaitaire de référence.
C’est pourquoi le résultat peut parfois paraître contre-intuitif. Selon les montants concernés, le début d’une activité professionnelle par l’enfant peut réduire les droits, les supprimer ou conduire à un nouveau calcul dans lequel il n’est plus intégré comme personne à charge.
Qu’en est-il de l’apprentissage et de l’alternance ?
Un enfant majeur en apprentissage ou en alternance peut continuer à être considéré comme étant à charge s’il a moins de 25 ans, vit au foyer et ne dispose pas de ressources atteignant le seuil prévu par les textes.
Sa rémunération doit néanmoins être déclarée.
Le fait que l’apprentissage comporte une dimension de formation ne permet pas d’ignorer le salaire versé. La CAF doit appliquer les règles propres aux revenus professionnels lors du calcul des droits.
La situation peut évoluer rapidement au cours du contrat. La rémunération d’un apprenti augmente généralement avec son âge, son ancienneté dans le contrat et l’année de formation.
Un enfant peut donc être considéré comme étant à charge au début de l’apprentissage, puis cesser de l’être lorsque sa rémunération franchit le seuil applicable.
Il est important de vérifier la date exacte à laquelle la CAF fait produire effet à cette modification.
Un étudiant majeur sans ressources reste-t-il à charge ?
Un étudiant majeur de moins de 25 ans peut continuer à être intégré au foyer RSA de ses parents lorsque ceux-ci assument effectivement et durablement ses besoins.
Le fait qu’il soit étudiant ne suffit toutefois pas, à lui seul, à déterminer sa situation.
La CAF peut prendre en compte les rémunérations issues d’un emploi étudiant, d’un stage, d’un apprentissage ou de toute autre activité.
Les bourses et aides perçues doivent également être examinées selon leur nature, certaines ressources pouvant relever de règles particulières.
Un étudiant qui occupe temporairement un logement proche de son établissement ne cesse pas nécessairement d’être à charge si ses parents continuent d’assumer l’essentiel de ses dépenses et si son éloignement résulte uniquement de ses études.
En revanche, un étudiant disposant d’un logement autonome, de ressources suffisantes et assumant personnellement ses charges peut ne plus appartenir au foyer RSA de ses parents.
Un enfant majeur au chômage est-il toujours à charge ?
L’absence d’emploi ne suffit pas automatiquement à établir que l’enfant reste à la charge de ses parents.
Il faut examiner ses ressources, son lieu de vie, les dépenses prises en charge par les parents et son éventuelle autonomie.
Un enfant majeur sans emploi et sans allocation, hébergé et entretenu par ses parents, pourra généralement rester intégré dans le foyer jusqu’à 25 ans.
S’il perçoit l’allocation d’aide au retour à l’emploi ou d’autres revenus de remplacement, ces ressources doivent être déclarées et comparées au seuil applicable.
Le caractère irrégulier de ses périodes d’emploi peut également entraîner des modifications successives de sa situation. Il peut rester à charge pendant certains mois et ne plus remplir les conditions pendant d’autres périodes.
Le calcul doit donc être réalisé à partir des ressources et de la composition du foyer retenues pour chaque période concernée.
Que se passe-t-il si l’enfant devient lui-même allocataire ?
Un enfant n’est plus considéré comme étant à charge lorsqu’il devient lui-même allocataire ou conjoint d’un allocataire pour une prestation qui conduit la CAF à constituer un foyer distinct.
La CAF indique expressément que l’enfant cesse d’être considéré comme étant à charge lorsqu’il devient lui-même allocataire ou conjoint d’un allocataire, quelle que soit la prestation concernée.
La situation peut notamment se présenter lorsqu’il fonde son propre foyer, vit en couple, a lui-même un enfant ou bénéficie personnellement d’une prestation nécessitant la création d’un dossier autonome.
Il ne suffit donc pas d’examiner son âge et son salaire. Sa situation familiale et administrative peut également modifier son rattachement au foyer de ses parents.
Lorsqu’un enfant ouvre un dossier personnel auprès de la CAF, il est recommandé de vérifier immédiatement les conséquences sur le dossier de ses parents afin d’éviter un recalcul rétroactif.
Un enfant majeur peut-il percevoir lui-même le RSA ?
En principe, une personne doit avoir au moins 25 ans pour bénéficier personnellement du RSA.
Des exceptions existent toutefois pour certains jeunes parents, les femmes enceintes et les personnes de moins de 25 ans remplissant les conditions du RSA jeune actif.
Lorsqu’un enfant majeur perçoit personnellement le RSA dans l’une de ces situations, il ne peut plus être comptabilisé comme personne à charge dans le foyer RSA de ses parents.
L’article R. 262-3 exclut expressément de la qualité de personne à charge les personnes qui bénéficient elles-mêmes du RSA dans le cadre du dispositif applicable aux jeunes actifs.
Il faut donc éviter qu’un même enfant soit simultanément intégré dans le calcul des droits de ses parents et considéré comme bénéficiaire autonome.
Le simple hébergement d’un enfant majeur modifie-t-il le RSA ?
La présence matérielle d’une personne au domicile ne suffit pas toujours à l’intégrer dans le foyer RSA.
Un enfant âgé d’au moins 25 ans, ou un enfant de moins de 25 ans devenu financièrement autonome, peut être hébergé chez ses parents sans être pris en compte comme personne à charge.
Dans cette situation, ses revenus personnels ne sont pas nécessairement intégrés aux ressources du foyer de ses parents.
La CAF peut néanmoins vérifier qu’il s’agit réellement d’un hébergement familial et non de la présence d’un conjoint ou d’un concubin non déclaré.
La simple participation de l’enfant aux dépenses de logement, d’alimentation ou d’énergie ne doit pas automatiquement être assimilée à une ressource professionnelle des parents. La nature et le montant des versements doivent cependant pouvoir être expliqués.
Il est donc utile de distinguer clairement les revenus personnels de l’enfant, sa participation aux frais communs et les éventuelles aides financières qu’il verse directement à ses parents.
Le départ de l’enfant majeur doit-il être déclaré ?
Oui. Le départ du domicile constitue un changement de composition du foyer qui doit être signalé à la CAF.
Cette déclaration doit être effectuée même lorsque l’enfant conserve des liens étroits avec ses parents ou revient régulièrement au domicile pendant les week-ends et les vacances.
Il faut toutefois distinguer un départ durable d’un éloignement temporaire pour les études, une formation ou un stage.
La CAF doit apprécier la résidence habituelle de l’enfant et la réalité de la charge assumée par les parents. Une adresse universitaire distincte ne signifie pas nécessairement que toute charge effective et permanente a cessé.
La date exacte du départ est importante, car elle détermine le mois à partir duquel la composition du foyer doit être modifiée.
Il est recommandé de conserver les justificatifs : bail, état des lieux, facture d’énergie, certificat de scolarité, attestation d’hébergement ou document établissant la date d’installation dans le nouveau logement.
Le retour d’un enfant majeur au domicile doit-il être signalé ?
Le retour au domicile d’un enfant majeur doit également être déclaré lorsqu’il est susceptible de modifier la composition du foyer.
Cette situation se présente fréquemment après une rupture de contrat, une séparation, la fin des études ou des difficultés financières.
La CAF ne doit pas intégrer automatiquement l’enfant comme personne à charge sur la seule base de son adresse. Elle doit vérifier son âge, ses ressources, sa situation personnelle et la charge réellement assumée par ses parents.
Un enfant âgé de moins de 25 ans peut redevenir à charge s’il remplit à nouveau les conditions prévues par les textes.
Toutefois, une personne qui dispose de ressources suffisantes ou qui est elle-même allocataire conservera en principe une situation autonome même si elle revient temporairement vivre chez ses parents.
Pourquoi faut-il déclarer les changements de situation ?
Le bénéficiaire du RSA est tenu de communiquer les informations relatives aux activités et aux ressources de toutes les personnes composant son foyer, ainsi que tout changement affectant sa situation familiale.
Le Conseil d’État a expressément rappelé cette obligation. En cas d’absence de transmission des justificatifs nécessaires, la CAF ou le département peut suspendre le versement du RSA et, lorsque les ressources exactes ne peuvent pas être déterminées, récupérer les sommes versées pour les périodes antérieures (CE, 2 octobre 2023, n° 466599).
Doivent notamment être déclarés le début ou la fin d’une activité de l’enfant, une modification importante de ses revenus, son départ du domicile, son retour, la création de son propre dossier CAF ou son installation en couple.
L’obligation de déclaration ne signifie pas que chaque événement entraînera nécessairement une diminution du RSA. Elle permet à la CAF de procéder au calcul correspondant à la situation réelle.
L’allocataire doit conserver la preuve de la déclaration effectuée sur son espace personnel ainsi que les justificatifs transmis.
La CAF peut-elle réclamer les bulletins de salaire de l’enfant ?
Oui. Lorsque l’enfant est intégré dans le foyer RSA, ses ressources participent au calcul des droits.
La CAF peut donc demander ses bulletins de salaire, contrats de travail, attestations de paiement, relevés d’indemnisation ou autres justificatifs de ressources.
L’allocataire doit répondre à la demande, même lorsque les documents concernent un enfant majeur.
Le Conseil d’État considère que l’organisme chargé du RSA peut suspendre le versement lorsque les pièces demandées ne sont pas fournies et qu’il ne peut plus vérifier les ressources des membres du foyer (CE, 2 octobre 2023, n° 466599).
Lorsque l’enfant refuse de communiquer ses documents à ses parents, il est préférable de l’inviter à les transmettre directement à la CAF ou de signaler immédiatement la difficulté à l’organisme.
Le silence expose le foyer à une suspension puis, éventuellement, à une récupération des sommes versées.
Pourquoi un contrôle peut-il conduire à un indu ?
Un contrôle peut révéler que l’enfant percevait des revenus non déclarés, qu’il avait quitté le domicile plus tôt que la date indiquée ou qu’il avait acquis une autonomie financière excluant son maintien dans le foyer.
La CAF peut alors reconstituer rétroactivement la composition et les ressources du foyer.
Lorsque le recalcul fait apparaître que le montant versé était supérieur aux droits réels, un indu peut être notifié.
La dette peut résulter de situations différentes. La CAF peut considérer que les ressources de l’enfant auraient dû être intégrées dans le calcul. Elle peut également estimer qu’il ne devait plus être considéré comme étant à charge et supprimer rétroactivement la majoration correspondante.
Il est donc indispensable de lire attentivement le motif de l’indu. Une décision indiquant seulement que « la situation de l’enfant n’a pas été déclarée » ne permet pas toujours de comprendre la méthode de calcul appliquée.
La CAF peut-elle recalculer plusieurs années de RSA ?
La récupération d’un indu de RSA est en principe soumise à un délai de prescription de deux ans.
Ce délai peut toutefois être porté à cinq ans lorsque l’administration retient une fraude ou une fausse déclaration.
La qualification retenue est donc particulièrement importante. Une omission ou une erreur ne constitue pas automatiquement une fraude.
La CAF ou le département doit examiner si l’allocataire a volontairement dissimulé la situation ou les revenus de l’enfant, ou s’il a commis une erreur liée à la complexité des règles.
Une déclaration incomplète, une confusion sur le rattachement d’un enfant étudiant ou une transmission tardive ne suffisent pas toujours à établir une volonté de dissimulation.
La contestation peut donc porter à la fois sur le montant de l’indu, la période récupérée et la qualification de fraude.
La majorité de l’enfant doit-elle être déclarée comme un changement ?
La CAF connaît normalement la date de naissance des enfants enregistrés dans le dossier.
Toutefois, le passage à la majorité s’accompagne souvent d’autres changements qui doivent être déclarés : fin de scolarité, début d’une activité, apprentissage, perception d’allocations, départ du domicile ou ouverture d’un dossier personnel.
L’erreur consiste à penser que la CAF continuera nécessairement à disposer automatiquement de toutes les informations utiles concernant un enfant devenu majeur.
Les revenus issus d’une activité, la création d’un foyer autonome ou un changement de résidence doivent être signalés sans attendre.
Il est donc préférable de vérifier le dossier au moment du dix-huitième anniversaire et de s’assurer que la situation renseignée correspond toujours à la réalité.
Comment vérifier le calcul effectué par la CAF ?
Il faut d’abord déterminer si la CAF a maintenu l’enfant dans le foyer ou si elle a considéré qu’il n’était plus à charge.
Il convient ensuite de vérifier le montant forfaitaire appliqué, le nombre de personnes retenues et les ressources attribuées à chaque membre du foyer.
Les bulletins de salaire et autres revenus de l’enfant doivent être comparés aux montants figurant dans le détail du calcul.
Il faut également vérifier que la CAF n’a pas intégré des sommes qui ne correspondaient pas à des revenus de l’enfant, comme des remboursements, des transferts entre comptes ou des prêts.
Lorsque l’enfant cesse d’être à charge, la date d’effet retenue doit être contrôlée. Elle peut dépendre du franchissement du seuil de ressources, de son départ, de la création de son propre dossier ou de sa nouvelle situation familiale.
En cas de doute, l’allocataire peut demander l’historique des droits, le détail des ressources retenues et le rapport de contrôle.
Que faire si la CAF remet en cause les droits au RSA ?
La première étape consiste à obtenir une décision précise et à identifier la période concernée.
Il faut réunir les justificatifs établissant le lieu de résidence de l’enfant, ses études, ses périodes d’activité, ses ressources et les dépenses supportées par ses parents.
Lorsque la contestation porte sur la charge effective et permanente, les parents peuvent produire les frais de logement, d’alimentation, de transport, de santé ou de formation qu’ils ont assumés.
Lorsque le litige porte sur les revenus, il faut reconstituer les sommes mois par mois et vérifier leur nature.
Une contestation relative au RSA doit en principe faire l’objet d’un recours administratif préalable obligatoire auprès du président du conseil départemental avant toute saisine du tribunal administratif.
Le recours doit être formé dans le délai indiqué par la décision, généralement deux mois à compter de sa notification.
Le juge peut-il tenir compte des justificatifs produits tardivement ?
Dans le contentieux du RSA, le juge administratif statue comme juge de plein contentieux.
Il doit examiner les droits réels de l’allocataire en tenant compte de l’ensemble des circonstances et des justificatifs produits devant lui, y compris lorsque certaines pièces n’avaient pas été communiquées pendant le contrôle.
Le Conseil d’État l’a expressément rappelé concernant une décision de radiation précédée d’une suspension pour absence de justificatifs (CE, 2 octobre 2023, n° 466599).
Cela ne signifie pas qu’il est conseillé d’attendre le tribunal pour transmettre les documents. Une production tardive peut prolonger la suspension et provoquer la récupération de sommes importantes.
Mais l’allocataire qui retrouve des bulletins de salaire, certificats de scolarité ou preuves de résidence après la décision peut encore les invoquer à l’appui de son recours.
Peut-on demander une remise gracieuse ?
Lorsque l’indu est juridiquement fondé, une remise ou une réduction de dette peut être demandée en raison de la bonne foi ou de la précarité du foyer.
Cette demande est distincte de la contestation du calcul.
Contester l’indu revient à soutenir que la CAF a mal apprécié la situation de l’enfant, ses ressources ou la période concernée.
Demander une remise revient à solliciter l’effacement total ou partiel d’une dette qui n’est pas nécessairement remise en cause dans son principe.
Lorsqu’il existe des arguments sérieux sur la qualité de personne à charge ou sur les revenus retenus, il est préférable de contester d’abord la dette.
Une demande de remise peut être présentée subsidiairement si l’indu devait être maintenu.
Pourquoi se faire accompagner par un avocat ?
Les litiges relatifs aux enfants majeurs sont plus techniques qu’ils n’y paraissent.
La CAF doit déterminer si l’enfant appartient encore au foyer RSA, s’il est effectivement à la charge de ses parents, si ses ressources restent inférieures au seuil réglementaire et quelles sommes doivent être intégrées dans le calcul.
Une erreur peut intervenir sur chacun de ces éléments.
L’avocat peut reconstituer la composition du foyer et les ressources période par période, vérifier le montant forfaitaire appliqué et déterminer si l’enfant devait être maintenu ou exclu du calcul.
Il peut également contester une récupération trop ancienne, une qualification injustifiée de fraude ou une décision insuffisamment précise.
Notre cabinet accompagne les allocataires confrontés à un contrôle de la CAF, à une suspension du RSA ou à un indu fondé sur la présence, le départ ou les revenus d’un enfant majeur.
Une analyse précise de la situation de l’enfant et des calculs effectués permet de déterminer si la décision peut être contestée.
Ce qu’il faut retenir
Le dix-huitième anniversaire d’un enfant n’entraîne pas automatiquement sa sortie du foyer RSA.
Un enfant ou une autre personne âgée de moins de 25 ans peut rester à charge lorsque le bénéficiaire assume effectivement et durablement ses besoins et que ses ressources demeurent inférieures au seuil prévu par la réglementation.
Tant qu’il appartient au foyer, ses ressources doivent en principe être prises en compte dans le calcul du RSA.
Lorsqu’elles atteignent ou dépassent la majoration du montant forfaitaire qu’il apporte au foyer, il cesse normalement d’être considéré comme étant à charge. Le montant forfaitaire des parents doit alors être recalculé.
Le début d’une activité, le départ ou le retour au domicile, l’ouverture d’un dossier personnel et les changements importants de ressources doivent être déclarés à la CAF.
En cas de contrôle, il est essentiel de vérifier si le litige porte sur les revenus de l’enfant, sur sa qualité de personne à charge ou sur la date à laquelle sa situation a changé.
Une décision d’indu peut être contestée lorsque la CAF a mal apprécié la situation réelle du foyer, retenu des ressources inexactes ou appliqué une mauvaise période.
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